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La fiche : Yutona Eiyû Senki TearRingSaga Support : Playstation |
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| Séquence émotion : TearRingSaga est bel et bien le premier jeu muni d'un spine card à apparaître au sein des tests de Neo Retro Games. La spine card, pour rappel, est pareil au ruban avec son liseré de paillettes que l'on enroule avec amour autour d'un délicat présent à destination de sa bien-aimée. La sensation éprouvée en contemplant une spine card rappelle celle ressentie en admirant un paisible crépuscule écarlate alors que son enfant vient de naître. Les spine cards évoquent également les bulles d'une coupe de champagne au cours d'une soirée consacrant des années de succès, ou l'odeur des croissants chauds qui vous réveille le matin. La spine card, c'est la dimension heureuse de la vie. | |
Un parfum de scandale
Peut-être avez vous déjà pénétré cet univers à la fois feutré et extravagant, fait d'effervescence factice, de femmes faciles, d'argent coulant à flot et de toute cette facilité et ce confort artificiel qui ont trop longtemps constitué le quotidien de certains. Eh bien, dans ce milieu, il a longtemps été question du scandale suscité par TearRing Saga, ou plutôt Emblem Saga, puisque c'est ainsi que ce soft était titré initialement. Rappelons que Nintendo avait engagé des poursuites judiciaires à l'encontre de l'éditeur Enterbrain Inc. et du développeur Tirnanog Co. pour la simple et bonne raison qu'Emblem Saga semblait légèrement violer les copyrights concernant Fire Emblem, en copiant l'univers et le design de la célèbre grosse série de T-RPG de Nintendo et d'Intelligent Systems. Honnêtement, il était difficile de ne pas songer immédiatement à Fire Emblem en matant le titre, les images et les illustrations du jeu dans la presse japonaise de l'époque. Mais quoi de plus logique puisque c'est Shôzô Kaga, qui créa Fire Emblem du temps où il travaillait pour Intelligent System, qui se trouvait à la tête de Tirnanog et du projet Emblem Saga ? Quel parti prendre raisonnablement dans cette affaire ? A qui attribuer la paternité de Fire Emblem ? A son géniteur, Shôzô Kaga, ou bien à la société dans laquelle il a longtemps exercé ses remarquables talents ? Toujours est-il que Nintendo avait réclamé deux millions de dollars. Résultat ? Si Enterbrain a été condamné à une payer une amende de 76 millions de yens pour concurrence déloyale durant la campagne promotionnelle de TearRing Saga, la violation des copyrights n'a pas été reconnue, sans doute à juste titre. Par ailleurs, les ventes, avec plus de 345 000 exemplaires écoulés, se révélèrent plutôt satisfaisantes.
| Incroyable, c'est la fin des vols de photos sur Neo Retro Games ! Pour plus d'intégrité et un monde meilleur, les photos seront désormais faites maison : la fin d'une époque heureuse composée de cambriolages, de viols et d'agressions. Oooh nostalgie d'il y a quatre mois ! Effet rétro pourri garanti ! | |
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| Les photos sont prises directement sur le téléviseur. Très amateur ! C'est magnifique. | Mentor de Ryunan, Eugen ne manquera pas de distiller ses précieux conseils qui ne servent à rien en préambule de chaque map. |
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| Ces clichés sont dignes des plus laides photos prises par Tilt, Joypad, Super Power ou Consoles+, durant leur fameux salons à l'étranger autrefois. | Les femmes, c'est toujours très compliqué : la preuve avec la princesse Sasha, très malheureuse, parce qu'elle pense ne pas suffisamment "profiter de la vie". |
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| La fiche de chaque personnage, très riche en informations, comporte beaucoup d'intérêt. Le level, l'expérience, l'état des armes, et les caractéristiques du perso y figurent. On peut considérer qu'un personnage devient très compétitif dans un domaine à partir de 20 points, que ce soit en Str., en Skl., en Agi. ou en Def. | Ces images rappellent vraiment celles des tests de Consoles+ période 1995~1999 : elles ne sont issues que des premiers instants du jeu. Remember Xenogears 87% ! |
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| La princesse Sasha (en violet) et Kate (en vert), poursuivies par des soldats, sont en danger ! Sasha s'est en plus foulé la cheville, et se sent malheureuse, parce qu'elle ne profite pas de la vie et ne pense pas assez à elle-même. | Les femmes, c'est toujours très compliqué : la princesse Sasha ne se sent plus malheureuse. Maintenant elle a la migraine. 35 heures woman a peut-être besoin de reprendre son souffle et de s'offrir des moments qui donneraient une dimension heureuse à sa vie ? Qu'elle s'achète des spine cards ! |
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| Il ne fallait que cinq centièmes de seconde à X-Or pour se retrouver dans son scaphandre de combat. Revoyons la même scène, mais au ralenti. | La représentation des combats ne peut une fois de plus qu'évoquer Fire Emblem. On appréciera la qualité du cadrage au passage. Vivement la prochaine séance photo. |
Fire Emblem puissance 32
Si les personnages et le scénario ne possèdent évidemment aucun lien avec Fire Emblem, la filiation demeure cependant évidente : on retrouve les fameuses cartes quadrillées, le design ultra soigné des personnages un brin aristocratiques porte la même griffe (sans jamais virer au style "PD précieux"), et les dialogues se situent dans la même veine, le même esprit chevaleresque. L'univers de TearRing Saga se compose donc lui aussi de batailles héroïques, de seigneurs très distingués et de guerriers à l'esprit de sacrifice et aux pensées magnifiques. Ici, on ne déplorera aucune faute de goût, toutes les composantes du soft étant traitées avec une sublime sobriété, à l'instar d'un Fire Emblem, d'un Ogre Battle ou d'un Ys et au contraire d'un Suikoden (les beavers brr...), d'un Xenogears (Chu-Chu brr...), d'un Chrono Cross (Kid, Harle, Lynx, Nikki, Marcy, brr...) ou d'un jeu traduit par feu Working Designs... (Les Lunar sur Playstation ou Albert Odyssey sur Saturn, brr...) Non, TearRing Saga, c'est la classe !
Ce jeu nous narre la fantastique épopée de deux jeunes hommes : Ryunan, l'héritier de la principauté de Lazberia, et son grand ami Holmes, fils de l'amiral Valce de Granada.
| Garçon brillant et sérieux, Ryunan jouit d'une excellente réputation : il est connu comme étant le héros de Granada, pour avoir combattu et résisté à l'empire pendant un an. | D'un esprit plus libre, Holmes ne rêve que d'aventure et d'exploration à travers le monde. Avide de liberté, il se désintéresse de la guerre, mais saura se montrer présent au bon moment. |
Bon, vous vous en doutez, mais c'est dans un contexte de grande guerre que se déroule la trame de ce grand Tactical-RPG. Le continent de Liberia (rien à voir avec Georges Weah) se découpe en quatre royaumes : Lieve, Canan, Ledah et Saria. Cinquante ans plus tôt, un conflit aux conséquences désastreuses éclata entre Ledah et Saria, amenant ces deux royaumes à leur ruine. Canan et Lieve furent également en guerre, et c'est Canan qui en sortit victorieux, ce qui lui assura la totale domination sur l'ensemble du continent. Nos deux héros, Ryunan et Holmes, eux, sont sur un bateau... Personne ne tombe à l'eau, Ryunan ayant simplement pour destination le royaume de Wellt, où il compte requérir de l'aide. A son arrivée, son chemin croisera par le plus grand des hasards celui de la princesse Sasha, princesse en détresse, puisqu'elle et son amie Kate (jeune femme chargée de la protection de Sasha) sont poursuivie par les soldats de l'empire... Ainsi débute la première des quarante batailles de TearRing Saga ! Pendant ce temps, Holmes, qui lui est plus sensible à l'appel de la grande aventure qu'aux guerres inutiles, poursuivra son voyage maritime...
| Princesse du royaume de Wellt, Sasha est poursuivie par le perfide chancelier Codha. Un personnage très faible qui demeure assez moyen même après un entraînement intensif. | Kate est chargée de la protection de Sasha. Au vu de ses caractéristiques trop moyennes, il s'agit d'un personnage que je ne vous recommande pas. Et en plus, c'est une rousse, et ça, c'est impardonnable ! |
Si les dix premières batailles vous mettent aux commandes de Ryunan et de ses troupes, le scénario amène par la suite une attrayante alternance entre le groupe de Ryunan et celui de Holmes. Ce va-et-vient se révèle d'autant plus intéressant qu'il vous sera nécessaire de bien gérer le partage de vos ressources entre les deux groupes : items, argent et personnages devront être stratégiquement répartis. Cette gestion de vos troupes, sur et en dehors du champ de bataille constitue l'un des principaux plaisirs procurés par TearRing Saga. Quel pied en effet de deviner le potentiel de vos vaillants combattants, puis de les promouvoir et de les faire évoluer ! Le système de promotion est, encore une fois, calqué sur celui de Fire Emblem : à chaque classe correspond un item permettant de passer à la classe supérieure, et mieux vaut attendre d'atteindre le niveau maximal de la classe de base (level 20) avant d'utiliser l'item en question afin de pouvoir monter jusqu'au level 40. (La promotion fait grimper de 20 unités le niveau maximum)
Très classique, au contraire du bizarre Vandal Hearts 2, le déroulement des batailles de TearRing Saga ne déconcertera personne : au player's turn succède l'enemy's turn. Les personnages se déplacent case par case, en fonction de la valeur de leur attribut "move", et la portée des coups ("range") dépend du type d'arme employé. Les armes disposent d'une durée de vie limitée, qui se mesure par un nombre représentant le nombre de coups que vous pouvez encore porter, comme dans tous les Fire Emblem. Et évidemment, quand un de vos personnages meurt, c'est pour toujours... (Il existe en réalité un moyen de ressusciter quelques personnages de votre choix, mais chut !) En revanche, le système "pierre papier ciseaux" introduit par Fire Emblem Seisen no Keifu (Epée > Hache > Lance > Epée) n'entre ici pas en vigueur.
C'est sur le plan de la réalisation que TearRing Saga se différencie réellement des Fire Emblem : les magnifiques graphismes en belle 2D et les splendides musiques profitent pleinement de la puissance 32 bits et du support CD, créant ainsi une ambiance du tonnerre ! Seul l'enivrant Bahamut Lagoon ou le grandiloquent Final Fantasy Tactics peuvent se targuer de faire peut-être mieux, les Shining Force étant légèrement à la rue dans ce domaine, n'en déplaise à leurs très nombreux fans.
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| Archis est un jeune chevalier insouciant et pas spécialement fort. Je ne vous le recommande pas. | Kreiss est plus sérieux qu'Archis, mais c'est également un personnage que je vous conseille de laisser sur la touche. | Mentor de Ryunan, le courageux Eugen a enduré de nombreuses batailles et blessures. | Merlon est le seigneur de Vierge, un territoire à l'est du royaume de Wellt. Un homme bon et respecté. |
Une richesse extraordinaire
Les quarante passionnantes batailles de TearRing Saga se révèlent de difficulté très variable. Si certaines se terminent en trente minutes (principalement les premières), un bon nombre d'entre elle s'avèrent très longues (jusqu'à deux heures de jeu, voire plus) et difficiles. On en ressort parfois véritablement épuisé (on n'est jamais à l'abri d'un critical adverse !), mais heureux. De grandes heures tactiques qui requièrent la mise en place de véritables stratégies ! Heureusement, on peut sauvegarder en pleine bataille grâce à la baguette magique appropriée : la deuxième d'Enteh (la magicienne vêtue de bleu) par exemple. Ce type de sauvegarde ne peut toutefois se réaliser de façon infinie, la durée de vie des baguettes et autres sceptres étant limitée.
Le plus impressionnant se situe sans doute au niveau des proportions.
Une pléthore de personnages vous est proposée (62), et le plus
fort est que tous montrent de la personnalité et de l'épaisseur.
Les relations entre les personnages et les dialogues témoignent d'un
soin particulier. Le panel d'armes, de magies, et d'items à votre disposition
a également de quoi donner le tournis ! On mentionnera également
un système de skills susceptibles de rendre vos combattants vraiment
redoutables. Quant à l'énorme durée de vie (plus de 60
heures !), elle satisfera les joueurs les plus exigeants.
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| Au premier rang, de gauche à droite
: Sasha, Shigen et Mather. Au deuxième rang : Holmes, Ryunan et Enteh. Au troisième rang : Yuni, Narron, Xenon et Narsus. Mes personnages préférés ? Je vous recommande d'insister particulièrement sur le perfectionnement de Ryunan, Holmes, Vega, Lionel, Narron, Julia et Rishel. |
Une petite perle
Scénario recherché, dialogues très travaillés, personnages formidables, design ultra soigné et classieux, batailles longues, difficiles et passionnantes : tout sourit à TearRing Saga, la vie est belle. Presque aussi belle que la chanson d'amour "Never Ending Dream" qui vient clore l'aventure de façon grandiose, mais dont on se demande franchement ce qu'elle vient faire là. Pas aussi incongru qu'un mec à lunettes en t-shirt gris (avec une bande verte en diagonale) du club fusées qui vient vous raconter qu'il préfère aller draguer à la plage ou sur les dance floors plutôt que de jouer aux jeux vidéo, mais presque... Quoiqu'il en soit, avec TearRing Saga, nous tenons un petit bijou venant couronner avec classe des années de savoir-faire cultivé avec les Fire Emblem. Une belle revanche pour Shôzô Kaga !
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Gustav XIII |
| Graphismes | 16/20 | Pas aussi bluffants que ceux d'un Bahamut Lagoon, les graphismes de TearRingSaga possèdent néanmoins la sobriété, la classe et la finesse d'un Fire Emblem. Dans ce domaine graphique, TearRingSaga se place parmi les meilleurs T-RPG et surpasse sans problème n'importe quel épisode d'Ogre Battle ou de Shining Force. |
| Musiques | 16/20 | Une centaine de thèmes tous très soignés, dont une dizaine assez marquants comme "Prelude to battle", "Departing", "Revived Memories", "Never ending dream" ou "Unforgettable you"... Un ensemble de haute tenue ! |
| Maniabilité | 15/20 | Pas de problème particulier, mais on déplorera certains menus pas vraiment au top de l'ergonomie, notamment ceux permettant de transférer des items d'une équipe à l'autre, lorsque les chemins de Ryunan et Holmes se croisent. |
| Durée de vie | 19/20 | Si les premières batailles ne durent pas plus d'une demi-heure, certains chapitres, se déroulant vers le milieu et la fin du jeu, peuvent s'étendre sur plus de deux heures ! Au final, on obtient une énorme durée de vie dépassant les 60 heures de jeu. |
| Innovation, originalité | 06/20 | Pas vraiment d'innovations notables... On retrouve la gestion des affrontements, le système de promotion, les dialogues durant les batailles (qui permettent de recruter) ou encore les arènes des Fire Emblem. |
| Appréciation globale | 17/20 | TearRingSaga représente l'aboutissement d'années de travail et d'expérience de la part de Shôzô Kaga, le créateur de Fire Emblem. Après avoir quitté Intelligent Systems et Nintendo, Kaga se lâche sur Playstation avec ce chef-d'oeuvre aux proportions gigantesques (plus de 60 personnages, 40 batailles, 100 musiques) et à la mécanique parfaitement huilée. Brillant ! |
| Repères : place dans la série | |||
| Sortie japonaise | Titre | Machine | Versions occidentales |
| 24 mai 2001 | TearRingSaga | Playstation | |
| 26 mai 2005 | Berwick Saga | Playstation 2 | |
| 26 mai 2005 | Berwick Saga Premium Box | Playstation 2 | |
| 1 décembre 2005 | Berwick Saga (Playstation 2 The Best) | Playstation 2 | |
Musiques - Extraits audio :
Prelude To Battle (MP3)
Departing (MP3)
Revived Memories (MP3)
A Smile (MP3)
2008 - Neo Retro Games