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La fiche : Mother 3 Support : Game Boy Advance |
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| Je vous aurai bien présenté la jaquette ordinaire de Mother 3, mais je n'ai que le deluxe box. Oui, un de ces satanés "premium packs collector limited edition" qui représentent l'un des plus grands fléaux de notre belle ère consumériste. | |
Welcome back to summer 1995...
Retour à l'été 1995... Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Une douce brise respirait dans les allées de ma paisible province française, sereine sous un ciel azuré dégagé, comme vidée de tout tourment et d'inquiétude. Personne ou presque n'évoquait l'émulation et Final Fantasy VII n'existait pas. En France, les RPG ne s'adressaient encore qu'à une poignée de connaisseurs à la passion ardente. Earthbound relevait de ces privilèges destinés à ces gens qui avaient déjà tout compris. C'est en feuilletant mon exemplaire de Player One avec enthousiasme, que je pris la décision de l'acquérir, suite à un test import élogieux signé Chris. Mais quel était donc ce RPG se déroulant à une époque contemporaine, aux graphismes si singuliers et à l'humour omniprésent ? Il s'agissait bien évidemment de la suite de Mother, un RPG sur Famicom, pour lequel une version américaine a longtemps été envisagée avant d'être abandonnée...
Fin avril 2006. Presque onze ans après avoir sauvé le monde muni de cookies et d'une carte de crédit, un challenge semblable m'est à nouveau proposé avec la sortie tant attendue de Mother 3, après bien des déboires (sorties sur DD64 puis sur Nintendo 64 annulées). Player One s'est éteint, n'importe quelle Josiane joue à Final Fantasy et les jeux, autrefois les objets de tant de désirs, se téléchargent aujourd'hui en trois secondes via Internet. Mais faisant contre mauvaise fortune bon coeur, je suis resté féru de RPG, et bien entendu de Mother !
| Les photos du jeu, chapardées sur starmen.net (excellent site d'ailleurs) | |
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| Entouré de plots et d'excavatrices, qu'allait faire notre héros pour se sortir de cette situation inextricable ? Appuyer sur la direction "bas" de la croix directionnelle. Par exemple. | Voici l'un des fruits de la réflexion intense de Shigesato Itoi concernant le scénario : un incendie dans le village de départ, comme dans 4567 autres RPG. |
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| Les combats vous mettant aux prises avec des chauves-souris se déroulent sur une musique très ressemblante à celle de Batman, version Adam West, la fameuse série qui égayait nos samedis soirs sur FR3. | Ne riez pas : Shigesato Itoi s'est vraiment creusé le crâne pour nous pondre le Snake Rope : un serpent bien (trop) volubile qui peut servir de corde. Forcément très utile pour les besoins de la vie quotidienne comme s'accrocher aux chandeliers pour traverser des précipices dans un manoir hanté. |
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| Des commères oisives qui refont le monde, un maboule (Yokuba) voulant le conquérir, et un gars restant assis sur un banc (Mapson, un gentil Monsieur qui vous aidera à vous repérer sur votre carte) : c'est l'humanité dans toute sa splendeur. Des femmes bavardes et médisantes qui vivent par procuration, un salopard, et un homme passif : tous les profils type sont grosso modo représentés en un seul cliché, c'est pas beau ça ? | Mother 3 vous emmènera au septième ciel. Mais par les escaliers de service, hein. |
Et le désir s'accroît quand l'effet se recule (<- message coquin subliminal)
Après l'excellence de Mother 2 et plus de dix années d'expectative, autant dire que Mother 3 était attendu au tournant ! Il fut d'ailleurs longtemps très bien classé au "Most wanted" de Famitsu. Alors que vaut ce Mother 3 ? D'emblée, il se montre très séduisant : le style graphique singulier de la série a bien entendu été conservé et convient à merveille à la GBA, et en particulier à la GB Micro. Détaillés, brillants, et colorés avec goût, les graphismes créent un environnement très vivant et très agréable. Quant aux musiques, très nombreuses, elles tirent parfaitement partie du processeur sonore de la GBA, et s'inscrivent dans la continuité des thèmes de Mother 2. Voilà qui fait rudement plaisir après les bip bip bop bop et les soufflements de certains jeux GBA ! (Au hasard la pathétique adapatation de Tales Of Phantasia...) A noter la présence de quelques remixes de thèmes issus des épisodes précédents et d'un sound test vous proposant de constituer votre playlist : le grand luxe ! On retrouve également les dialogues dotés de cet humour inimitable qui permettent à Mother 3 de surclasser une multitude de RPG où les NPCs (Non Playable Characters) débitent des banalités sans intérêt. Bref, au premier abord, l'affaire se présente bien et on ne regrette pas son achat.
Mother 3 dépeint au départ la vie paisible et sereine d'une famille heureuse à Tatsumairi Village (à Nowhere Island) : Flint le père paré comme un cow-boy, Hinawa la mère tendre et aimante, et leur deux jumeaux Lucas et Claus. Mais ce village tranquille voit sa quiètude troublée par l'invasion de la Pig Mask Army : on sent là toute l'étendue des efforts de Shigesato Itoi pour étudier un excellent scénario. Et je ne raille ici qu'à moitié : derrière ces sarcasmes se dissimule en fait un script remarquable de justesse et d'humour, bien que parfois étrangement dramatique. On mentionnera notamment les Magypsy : "They're also not men or women. I also have no idea how old they are. So, even though I've explained it to you, you still know nothing. Well, in summary, they're strange. All of them, strange". Il s'agit en fait de travestis doués de pouvoirs magiques (sic). La débilité de Mother 3 ne s'arrête évidemment pas là, vous aurez également affaire au Snake Rope, un serpent-corde bavard, à des grenouilles de sauvegarde ("If you don't set down your memories, you'll forget them. So, please tell me all your memories up till now. This is what people call + Saving + ") ou à des moineaux-tutoriaux ("Tweet! It might seem a little strange, but I'm going to speak some words that sound like they may have come from a game.") : surpuissant !
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| En 1992, la pluie de The Legend Of Zelda A Link to The Past m'avait épaté. Aujourd'hui me voici flegmatique et insensible devant la pluie de Mother 3. Quand même, c'est moche de vieillir. (Photo volée sur Gamespy) |
Et sur la durée ?
Sur le long terme, Mother 3 ne perd pas en intérêt. Bien au contraire, celui-ci s'accroît ! Les trois premiers chapitres jouent en fait le double rôle de tutorial et d'introduction au contexte et aux personnages. Déjà fabuleux durant ces trois premières parties, le jeu livre toute sa saveur à partir du chapitre 4, à partir du moment où vous dirigerez le véritable héros de Mother 3 : Lucas.
Tout a été pensé pour que le joueur prenne un maximum de plaisir : les ennemis, toujours visibles lors des déplacements, peuvent être évités, permettant ainsi à Mother 3 d'échapper au syndrôme irritant des affrontements tous les cinq pas. De plus, ces combats sur des fonds psychydéliques du meilleur goût se révèlent rapides, parfois stratégiques (grâce à un nombre de sorts faramineux !) et toujours intéressants grâce notamment au système de combo (tapotez le bouton A au rythme de la musique). Pour le reste, le dosage des ingédients rayonne par sa perfection : longueur des donjons bien réglée et excellent équilibre entre dialogues, exploration et combats. Rien ne vient donc gâcher l'amusement du joueur : ici, pas de parlotte interminable, ni de combats trop fréquents ou de donjons sans fin. Mother 3 ? Du plaisir à l'état brut.
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| Le Deluxe Box renferme un badge parfaitement inutile, une Game boy Micro aux couleurs de Mother 3, ainsi que le jeu (quand même), le tout dans une boîte à parfum étonnanement cheap. |
Une oeuvre étrange
Alors que Mother 2 jouait quasiment uniquement dans le registre de l'humour débile, Mother 3 se permet de déborder parfois, en se révélant tout à tour tragique ou poétique. Plusieurs personnages importants trouveront en effet la mort durant l'aventure, tandis que l'un des chapitres du jeu n'est constitué que d'une très romantique ballade champêtre à travers une splendide prairie bondée de tournesols. Au final, l'histoire à la fois comique et dramatique fait ressentir une sensation étrange et laisse des souvenirs ambivalents.
Quoiqu'il en soit, Mother 3 assume parfaitement son rôle d'héritier de la série, en proposant un scénario (somme toute assez lié à celui de Mother 2, mais chut !) et des dialogues très travaillés, ainsi qu'un gameplay aux petits oignons, mais surtout en perpétuant à merveille l'esprit des Mother : graphismes, musiques, humour, interfaces et bruitages s'inscrivent dans une remarquable continuité. Par rapport à l'épisode précédent, on regrettera toutefois une liberté amoindrie par le découpage en chapitres ainsi qu'une durée de vie plus légère. Un RPG exquis donc, mais qui n'atteint tout de même pas l'excellence du 2, plus novateur et audacieux à son époque.
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Gustav XIII
Traductions anglaises issues des travaux de spookychee, publiés sur gamefaqs |
| Graphismes | 16/20 | Reconnaissables au premier coup d'oeil, clairs et colorés, les graphismes dépeignent un univers pittoresque et singulier. |
| Musiques | 16/20 | D'excellente qualité compte tenu du support, les très nombreux thèmes de Mother 3 se marient à merveille avec les différents passages du jeu, mais aucun ne peut réellement se targuer de rester ancré dans nos mémoires. |
| Maniabilité | 18/20 | Des menus clairs et bien agencés, malgré la barrière de la langue. |
| Durée de vie | 14/20 | Entre 20 et 30 heures de jeu vous seront nécessaire pour en voir le bout. |
| Innovation, originalité | 16/20 | Afin de sauvegarder, vous deviez téléphoner à votre père. Désormais, vous aurez à bavarder avec une grenouille : si ce n'est pas innovant ça... Blague à part, Mother 3 surprend nettement moins que son prédécesseur, mais demeure en total décalage avec les RPG actuels, que ce soit au niveau des graphismes ou des dialogues. |
| Appréciation globale | 16/20 |
Inférieur à l'indétrônable Earthbound, Mother 3 mérite tout de même un concert de louanges pour son script remarquablement bien écrit, son gameplay parfaitement équilibré et pour avoir su répondre sans décevoir à une attente longue de plus de dix ans ! |
| Repères : place dans la série | |||
| Sortie japonaise | Titre | Machine | Versions occidentales |
| 27 juillet 1989 | Mother | Famicom | |
| 27 août 1994 | Mother 2 | Super Famicom | 1995 : Super NES US : Earthbound |
| 20 juin 2003 | Mother 1 + 2 | Game Boy Advance | |
| 20 avril 2006 | Mother 3 | Game Boy Advance | |
| 20 avril 2006 | Mother 3 Deluxe Box | Game Boy Advance | |
2006 - Neo Retro Games