![]() |
|
Playstation
2 - PSP - Nintendo
DS - Game Boy Advance
- Playstation - Super
Famicom - Mega Drive
- PC Engine - Famicom
|
|
La fiche : Hanatãkadaka!? Support : PC Engine Hucard |
![]() |
| Il est à noter que Hanatãkadaka!? s'est distingué en remportant en 2007 le prix de la meilleure jaquette de tous les temps, décerné par moi-même. | |
Souvenirs en guimauve
Il fut un temps où le super goblin au nez long de Taito était une authentique superstar. Je me souviens de ses apparitions à la télévision dans Micro Kid's notamment (quels grands moments que d'observer Jean Michel Blottière, l'homme aux lunettes, et Delphine, la femme à la casquette, nous présenter des jeux Nec, NES, Master System, Super Famicom, Neo Geo, Game Boy, et Mega Drive tous les mercredis !), et je me revois, collégien fraîchement entré en classe de sixième, feuilletant un tout nouveau magazine nommé Joypad (avec Streets Of Rage en couverture !) dans mon kiosque et découvrant le test de Super Long Nosed Goblin sur PC Engine. Même dans mon Conforama, Hanatãkadaka!? faisait partie des vedettes, c'est-à-dire des titres mis en démonstration, aux côtés d'Alex Kidd In Miracle World sur Master System ou de Castle Of Illusion sur Mega Drive. Sodipeng, Nintendo France, Sega France et les autres, nourrissaient alors mes songes d'enfant, en bons marchands de rêve... Des souvenirs doux et colorés comme un paquet de marshmallows... Ou comme Super Long Nosed Goblin et ses teintes pastel à croquer !
Des tourtereaux très tartres
Konta (et non Konni, comme on peut le lire sur certains sites ;), renard coquin de son état, se promenait romantiquement à travers les bois avec sa petite amie Inari quand la malheureuse idée de pénétrer dans une caverne sacrée leur traversa l'esprit. Ce qu'ils firent. (Première bêtise) Une fois à l'intérieur, Konta ne trouva rien de mieux à faire que d'ôter le sceau qui permettait jusqu'alors d'emprisonner Jikanda, le sournois seigneur tanuki. (Deuxième bêtise) Celui-ci profita bien évidemment de cette aubaine pour se libérer, et comme le voulait la coutume dans les années 90, il enleva Inari, histoire de faire en sorte que l'enjeu consiste comme d'habitude à délivrer la petite copine kidnappée. Désespéré, Konta fut alors contraint d'aller implorer le tengu sacré de lui venir en aide. Ses prières seront entendues si vous pressez le bouton Run de votre manette PC Engine !
Un super héros au long nez
Dans ce shoot-them-up horizontal d'un classicisme fleurant bon le début des années 90, vous incarnez bien sûr le tengu, singulier héros de cette Hucard, placée sous le signe de l'insolite et du délire coloré. Gros, ailé, chaussé de sabots et un brin je-m'en-foutiste, nous avons ici affaire à un héros peu commun changeant très agréablement de l'ordinaire. L'une des originalités de ce soft réside d'ailleurs dans la gestion de sa taille : les bonus représentant des parchemins lui permettent de grandir (sous sa plus grande taille, le sprite de notre héros au long nez est assez imposant à l'écran !), et chaque collision avec un ennemi ou un tir ennemi le fait rétrécir. Le schéma ci-dessous illustre brillamment ces modifications de gabarit :
Il faudra parfois volontairement évoluer sous sa plus petite taille afin d'emprunter certains passages étroits, mais attention, si vous vous faites toucher alors que la taille du tengu est minimale, vous perdez une vie !
La double mission du tengu consiste donc à délivrer Inari et à retrouver les douze plaquettes composant le sceau permettant d'enfermer à nouveau Jikanda. Chacun des six stages du jeu contient par conséquent deux plaquettes : une qui s'obtient simplement en éliminant le gardien de fin de niveau et une cachée. Chaque stage dissimule en effet un passage secret menant vers une sorte de bonus stage au sein duquel les quatre programmeurs et Taito ont planqué la plaquette supplémentaire. La recherche de ces fragments dissimulés vient augmenter la profondeur et la durée de vie de ce shoot haut en couleur et plein de personnalité.
Les splendides décors bucoliques et le bestiaire complètement farfelu lui confèrent en effet une tonalité assez particulière, à la fois enjouée, enfantine, débile à souhait et comique. Vous aurez par exemple à affronter des cocottes volantes, des bambins dans une kermesse, des ombrelles vivantes semblables à celles de Ganbare Goemon, des fillettes balançant des bungalows, ou encore des statues de Jizô décollant telles des fusées ! Mais le meilleur se situe sans aucun doute du côté des boss, tout simplement géniaux : un catcheur à la tête énorme en forme d'oeuf, un raton laveur alcoolo joueur de cymbales que vous vaincrez en lui tirant sur la queue (sic), ou bien encore une statue de bouddha volante !
Afin de tenir tête à tout ce beau monde, notre tengu part à l'aventure plutôt bien armé, puisque outre le tir basique, il dispose également de quatre variétés de projectiles/bombes à larguer en appuyant sur le bouton I. Et ici, pas d'utilisation des boutons autofire de la manette PC Engine, puisque Hanatãkadaka!? se la joue R-Type en proposant un tir puissant à charger en maintenant le bouton II appuyé. En pratique, on passe d'ailleurs pas mal de temps à jouer en conservant le bouton II enfoncé tout en esquivant les tirs adverses. Ce tir à recharger se décline lui aussi en quatre versions représentées avec brio sur le scan ci-dessous :
(Quel professionnalisme sur NRG)
Un pur concentré de bonheur et de bonne humeur aux couleurs pastel
Super Long Nosed Goblin tient du grand jeu, du très grand jeu. Pour faire simple, disons que Taito a carrément assuré en nous livrant ici un produit quasiment irréprochable sur tous les plans. Les couleurs, choisies avec beaucoup de soin, donnent une saveur sublime aux graphismes, étincelants et merveilleusement renouvelés à chaque stage. Superbes dégradés dans le ciel, fête foraine pittoresque, bonus stage éclatant... Aucune faute de goût n'est à signaler. Admirez donc les photos, il s'agit d'un véritable régal à dévorer des yeux !
| Pillage des photos sur : http://pcengine.free.fr | |
![]() |
![]() |
| Des cocottes volantes : cela paraîtrait presque ordinaire, dans le monde fabuleusement grotesque de Super Long Nosed Goblin. | Des poussins lanceurs de marteaux : tout à fait normal comparativement aux ennemis brillamment loufoques que l'on peut rencontrer dans Hanatãkadaka!? |
![]() |
![]() |
| Konta implore le tengu de lui venir en aide, en priant devant l'autel. (Et non "l'hôtel" : à noter dans vos cahiers si vous êtes des mecs de gamekult ou si vous êtes Fategod) | Les fameuses ombrelles japonaises, que vous avez déjà dû affronter notamment dans Ganbare Goemon, Kikikaikai, ou encore Papuwa Kun sur Super Famicom. |
![]() |
![]() |
| Le premier boss consiste en un catcheur au regard crétin doté d'un énorme crâne d'oeuf. Tout simplement culte. | Terriblement farceur, Jikanda vous rira au nez lors de chaque Game Over ou lorsque vous tomberez à pieds joints dans un de ses pièges ridicules et grossiers. |
![]() |
![]() |
| Vous resterez emprisonné dans les bonus stages tant que vous n'aurez pas trouvé la plaquette cachée à l'intérieur. Mais c'est tellement beau ! Une jolie prison dorée ! | Konta le gaffeur encaisse un coup de poing mécanique. Ce n'est pas très fûté d'avoir délivré Jikanda le seigneur des tanukis. |
Et comme souvent sur PC Engine, ça bouge bien avec des sprites nombreux à l'écran et énormes pour certains, quelques scrollings différentiels du plus bel effet (il est à noter que le scrolling part quelques fois en diagonale) et une animation demeurant remarquablement fluide, en dehors de quelques ralentissements, survenant lorsque les sprites abondent de façon exagérée, comme par exemple durant le stage 3 avec ses de boulets de canon en nombre considérable.
L'aspect visuel du soft constitue donc une indéniable réussite, et contribue grandement à faire sortir cette Hucard du lot, malgré la rude concurrence sur PC Engine. Impossible pour une personne de bon goût de ne pas tomber amoureux dès le premier regard de cet univers singulier peuplé d'animaux et caricaturant avec talent la culture asiatique ! Il suffit de voir tourner le jeu quelques secondes pour prendre immédiatement conscience de son excellente qualité.
Et les musiques ne sont pas en reste, loin de là : les mélodies, très variées, se marient à merveille avec les différents stages du jeu. Lorsque j'entends mon thème préféré "Chieko", différents souvenirs ressurgissent, et je me revois enfant, fasciné devant Super Long Nosed Goblin en démonstration dans les boutiques, ou y jouant sur ma GT dans les embouteillages lors d'un départ en vacances (quelle délicieuse sensation !). Autant dire que côté bande-son, Hanatãkadaka!? se révèle là encore excellentissime, avec d'autres thèmes exquis à signaler comme "Yuuko", "Shun", etc. Dans ces conditions, le sound test, accessible dès le départ, est donc carrément le bienvenu !
Cette petite Hucard procure un plaisir très intense, hélas un brin éphémère. Le six niveaux s'engloutissent vite avec gourmandise et on en redemande ! J'aurais signé tout de suite pour quatre ou cinq stages supplémentaires ! Notez que des passwords chiffrés fort pratiques (nommés "spell") permettent de reprendre le dernier stage dans lequel on a échoué, ce qui permettra à tout le monde de profiter du jeu quel que soit son emploi du temps. Trois modes de difficulté vous sont comme d'habitude proposés, et vous ne pourrez considérer avoir réellement fini le jeu que si vous parvenez à trouver la plaquette cachée de chaque stage ! En ce qui me concerne, je raffolais tellement des aventures du tengu que j'avais fini le jeu plusieurs fois en mode hard avec tous les fragments du sceau, alors que je me contente généralement de terminer le mode normal pour la plupart des shoots : c'est dire à quel point Super Long Nosed Goblin est plaisant et prenant.
| Un casting luxueux | |||
![]() |
|||
| Le Tengu, notre vaillant et peu jovial héros. Quelle classe ! | Konta, le lourdeau ayant libéré l'infâme Jikanda. Après avoir imploré le tengu sacré de lui venir en aide, il attendra tranquillement que ça se passe. | Inari, la copine de Konta. Elle souffre d'une tendance au manque de personnalité. | Jikanda, le fourbe chef des castors malicieux. Un farceur à enfermer à nouveau au plus vite, à l'aide des plaquettes composant le sceau. |
Un grand titre issu de l'âge d'or
Avec notre goblin au long nez dépourvu de défaut, la PC Engine se dotait en 1991 d'un ambassadeur de choix, parfait représentant de l'esprit PC Engine : des jeux différents, délirants et folkloriques qu'on ne voyait pas (ou peu) sur les autres supports à l'époque, sur le marché français.
Salué par la presse avec de bonnes notes
à la pelle, Hanatãkada!? a frôlé le Tilt
d'Or 1991 du meilleur shoot-them-up sur console, mais c'est finalement le
formidable Serei Senshi Spriggan qui raffla la récompense. Réparons
donc cette injustice en décernant une médaille d'or Neo Retro
amplement méritée à ce titre et aux quatre programmeurs
de Taito ayant travaillé sur ce logiciel de jeu. Il est d'ailleurs
amusant de songer, en contemplant le staff roll, qu'ils n'étaient que
quatre, bien loin des équipes de dizaines de personnes avec leur titre
pompeux ("Chief Director", "Senior Vice President Of Development",
"Localization Manager", "Marketing Director"...) aujourd'hui
mobilisées pour réaliser des softs pas forcément plus
amusants. Rejouer à Super Long Nosed Goblin, c'est revenir aux
sources, oublier tous ces prétentieux qui affirment que les jeux vidéo
constituent un art et qui écrivent des "analyses", et se
remémorer des souvenirs doux et colorés comme un paquet de marshmallows...
![]() |
Gustav XIII, Super Goblin au long nez
|
| Graphismes | 17/20 | Taito a fait un usage remarquable de la palette de couleurs de la PC Engine, en façonnant un produit aux couleurs éclatantes et harmonieuses, brossant ainsi un univers particulièrement savoureux. |
| Musiques | 16/20 | Des mélodies variées se mariant à merveille avec les niveaux proposés. |
| Maniabilité | 19/20 | Contrôler les mouvements du Tengu constitue un véritable délice : les commandes répondent au doigt et à l'oeil. |
| Durée de vie | 13/20 | Le jeu ne comporte que six stages, mais les trois modes de difficulté ainsi que la plaquette cachée au sein de chaque niveau rallongent le plaisir. |
| Innovation, originalité | 11/20 | Pas vraiment d'innovations notables, mais un héros bizarre, des ennemis loufoques et une ambiance truculente. |
| Appréciation globale | 17/20 |
Véritable perle, Hanatãkadaka!? appartient à la petite troupe des shoot-them-up hautement emblématiques de la PC Engine. |
| Repères : place dans la série | |||
| Sortie japonaise | Titre | Machine | Versions occidentales |
| 9 août 1991 | Hanatãkadaka!? | PC Engine | |
2007 - Neo Retro Games