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Double Dragon II The Revenge

La fiche :

Double Dragon II The Revenge

Support : Famicom
Editeur : Technos Japan Corp au Japon, Acclaim en occident
Développeur : Technos Japan Corp.
Genre : Beat-them-all mâtiné de plates-formes
Nombre de joueur(s) : 2 simultanément
Sauvegarde : Non
Difficulté : Réglable, plutôt moyenne dans l'ensemble
Date de sortie Japon : 22 décembre 1989
Date de sortie USA : Début 1990
Date de sortie France : 1990

Cette belle jaquette a une histoire bien connue : vous profitez ici de la version japonaise, mais sachez qu'en version US et Pal, la jupe de Marion a été largement rallongée, alors que nous pouvons apercevoir ici un minuscule bout de fesse. Perso, à dix ans, après avoir vu une centaine de stripteases de belles femmes dans les émissions de Stéphane Collaro, j'étais bien rôdé et je n'aurais pas été choqué le moins du monde, mais vous connaissez Nintendo... A noter que le débardeur de Marion vire du rose au rouge en version occidentale, et là par contre, difficile de comprendre le but de la manoeuvre. (En quoi un débardeur rouge est-il plus acceptable qu'un débardeur rose clair ? Mystère !)

anciens-copains.com

Ultra populaires grâce aux dix mille adaptations connues par la série, les Double Dragon faisaient partie de ces jeux dont on pouvait discuter avec n'importe qui à la récrée, puisque tout le monde les connaissaient, de Jules et Marie les premiers de la classe bien proprets à Samir le méchant cancre, en passant par Jennifer la grosse fofolle. Double Dragon II sur NES, lui, se classait carrément parmi les méga hits dont le seul titre suffisait à susciter le respect sur les bancs des écoles primaires et des collèges. (Merci au passage à Sébastien de la classe de 6ème 3 de 1991-1992 de me l'avoir prêté ; Salut Seb, c'est David ! Désolé, j'ai oublié ton nom de famille, mais si tu me lis, envoie moi un email ! Allez, j'ai bon espoir !)

Photos volées sur mobygames.com
Après quatre années d'études en japonais, vous pourrez comprendre en lisant le texte ci-dessus que la violence règne dans les rues de New-York, mais que Billy et Jimmy Lee ne vont pas se laisser faire : les efforts en valaient la peine. Le dénommé Burnov semble en train d'esquisser un mouvement de YMCA que seul Fategod appréciera. Tant de mauvais goût mérite la mort au minimum.
D'après les statistiques, 90% des gaillards torse nu en bottes et pantalon militaire se tenant debout sur un tracteur géant tournent mal dans la vie. Trois ans après son tube "Voyage Voyage", c'est dans Double Dragon II sur Famicom que nous retrouvons Desireless, armée d'un fouet. Quelle déchéance.
Mais qui peut donc avoir opté pour une décoration d'intérieur à base de lits de pics, de torches, de plates-formes qui disparaissent et de statues de Bouddha ? Les méchants bien sûr. Il semblerait que cet homme vous veuille du mal.

Bien plus qu'une adaptation !

Alors que le jeu d'arcade consiste en un pur beat-them-all des familles et que la plupart des adaptations sur machines de salon se contentent d'en reprendre le contenu, la NES se paye le luxe d'une version spécifique, véritablement conçue sur mesure. Il s'agissait sans aucun doute de la meilleure stratégie possible, puisque se rapprocher graphiquement de l'arcade aurait été un challenge que la petite 8 bits de Nintendo aurait eu bien du mal à relever. Nous sommes donc en mesure de savourer ici un remarquable beat-them-all mâtiné de plates-formes, comprenant de nombreuses séquences se jouant sur un seul plan. Même si les différents lieux, ennemis et musiques de l'arcade sont grosso modo les mêmes dans cette mouture, ce Double Dragon II sur Famicom n'a finalement plus grand chose à voir avec son grand frère de l'arcade. Personnellement, la première version que j'ai pratiquée fut celle sur Amiga 500, et même si j'éprouve beaucoup d'affection pour cette conversion, force est de constater que la version NES la surpasse largement malgré la puissance de l'Amiga (qui se ressent notamment sur le plan graphique). Précisons tout de suite que le mode deux joueurs (simultanément) a cette fois été conservé, alors qu'il était scandaleusement passé à la trappe dans le premier Double Dragon sur NES (ce qui rendait terriblement jaloux les possesseurs de la boîte grise de Nintendo lorsqu'ils mataient la version Master System du voisin). Le scénario en revanche ne varie pas en fonction des machines.

Mais au fait, quel genre de trame nous ont donc pondu les petits gars de Technos ? Eh bien les lascars nous racontent qu'en 19XX, après la terrible guerre nucléaire (sic), la mafia règne dans les rues de New York. Mais deux jeunes gens brillants, costauds et formidablement bien entraînés tiennent tête à la pègre et aux voyous : je vous le donne en mille, il s'agit des frères Lee : Billy et Jimmy. On constatera d'ailleurs avec amusement en comparant les jaquettes NES des deux premiers épisodes de la série que les frères Lee semblaient être un européen blond et un brun de type vaguement asiatique dans le premier (sur la jaquette occidentale), alors que deux frères clairement blancs figurent sur la jaquette ci-dessus. Technos a du reste dessiné des sprites identiques pour Billy et Jimmy avec pour seule disparité la couleur de leurs vêtements. Pour en revenir à l'intrigue, les scénaristes se sont cette fois véritablement surpassés puisque la pauvre Marion (la petite amie de Billy) ne se contente plus simplement de se faire kidnapper puisqu'elle se fait carrément tuer dans cet épisode. (Que fait-elle d'ailleurs sur la jaquette si elle est morte ? Décidément ces jaquettes ont été dessinées par des personnes ne connaissant rien au jeu !) En lieu et place de l'amour, ce sont donc cette fois le sentiment de haine et le désir de vengeance qui serviront de moteurs à nos deux frangins dans cette aventure.

Petite comparaison avec la version originale - photos chipées sur http://doubledragon.classicgaming.gamespy.com/dd2shrine/
En arcade, vous assistez en direct à la mort de Marion, qui se fait carrément désintégrer au blaster (sic). Les possesseurs de NES sont épargnés de cette scène ô combien douloureuse. Observons maintenant la scène de la moissonneuse batteuse. Simple élément d'arrière plan en arcade (dont il faut éviter les organes de coupe en sautant si ma mémoire est bonne), celle-ci devient sur NES une séquence de plates-formes exigeant un timing parfait. Soulever des troncs d'arbre deux fois plus volumineux que soi demeure en revanche une exclusivité de la version originale.

Un beat-them-all intelligent ?

Le premier élément qui peut surprendre concerne le maniement de Billy et Jimmy Lee, similaire à celui de l'arcade. Sur Amiga, pas de problème, ce n'était pas compliqué avec les joysticks à un bouton ! Sur Famicom, tout dépend de la direction dans laquelle vous vous orientez : lorsque votre personnage dirige son regard vers la droite, le bouton A sert à porter un coup de poing vers l'avant, tandis que le bouton B sert à effectuer un coup de pied arrière. Inversement, lorsque votre personnage regarde vers la gauche, presser le bouton A vous permet cette fois de protéger vos arrières par le biais d'un coup de pied, alors que le bouton B se retrouve dans ce cas dédié à la distribution de pains vers l'avant. La panoplie de coups de nos deux as des arts martiaux ne se limite évidemment pas à ces deux coups : vous pourrez également distribuer généreusement des coups de genoux, des coups de coudes, projeter vos adversaires et, fin du fin, exécuter un spectaculaire coup de pied aérien tournoyant, à condition de respecter le timing nécessaire. Afin d'effectuer un saut, vous devrez presser conjointement sur les boutons A et B (à noter qu'en arcade, le saut disposait de son bouton dédié) : c'est un mouvement que vous aurez à réaliser assez fréquemment dans la mesure ou les séquences de plates-formes se révèlent relativement nombreuses, avec par exemple des plates-formes mouvantes ou des engrenages évoquant ceux de Castlevania. Notez bien que le coup de pied sauté, redoutable voire imparable dans bien des beat-them-all, ne représente cette fois pas la panacée, puisque les ennemis, rusés comme des renards, se baissent afin de l'éviter dans la plupart des situations. Je vous recommande plutôt cet enchaînement : trois coups de poings, saisie par les cheveux, deux coups de coude et un high kick pour terminer le travail. Au passage, avouons que certains "forumeurs" sur gamekult ou "journalistes" mériteraient bien le même traitement. (James, Interceptor, Trazom, Rahan, si vous me lisez...) Autre méthode assez efficace : "rentrer" dans ses adversaires afin d'empêcher toute réplique. N'oublions pas de mentionner le terrible "hyper uppercut" et le surpuissant "hyper coup de genou" qui ne peuvent être réalisés qu'au moment où Billy et Jimmy se relèvent.

La castagne dans toute sa splendeur

Evidemment, avec ce type de jeu, le plaisir se révèle immédiat, et dans le cas de Double Dragon II, particulièrement intense, surtout à deux joueurs. A deux, vous pouvez privilégier le délire à l'efficacité, en sélectionnant le mode de jeu B, dans lequel les coups portés à votre partenaire l'ébranleront réellement, contrairement au pacifique mode de jeu A. Une bonne partie de ce plaisir découle de la diversité des situations proposées par les programmeurs de Technos : ce programme ne se contente pas de reproduire la mécanique "tu avances tout droit - tu tapes" en offrant notamment les séquences de plates-formes évoquées précédemment ou en vous faisant monter à l'échelle, combattre dans un hélicoptère, bondir sur les chenilles d'une moissonneuse batteuse, etc. De plus, comme dans tout beat-them-all qui se respecte, vous avez la possibilité de ramasser et de faire usage des armes cédées par vos adversaires (barres de fer, poignards, grenades, fouets, etc.), ce qui accroît encore ce sentiment de variété.

Abordons maintenant des considérations plus superficielles, afin de constater que sur le plan graphique, le bébé de Technos s'en tire très bien : les décors fourmillent de détails, les teintes ont été sélectionnées avec soin, et les arrières plans témoignent d'un travail bien léché. Bien sûr, inutile d'avoir fait les Beaux-Arts pour se rendre compte que cette version NES ne s'approche pas un seul instant de la finesse graphique des versions arcade ou Amiga ; toutefois un charme indéniable en émane. De façon tout à fait personnelle et subjective, je me risquerais même à déclarer que ma préférence en terme de graphisme va sans hésiter à la version NES. Un peu comme pour Jackie Chan Action Kung Fu que je trouve plus mignon et impressionnant sur Famicom que sur PC Engine.

Pour ne rien vous cacher, il faut avouer qu'en revanche, ça clignote à gogo ! Les sprites ont en effet la fâcheuse tendance à devenir transparents partiellement et à disparaître. Ce petit souci est certes familier aux possesseurs de NES, mais ici, ces vacillements se font plus nombreux qu'à l'accoutumée. Bon, rien d'excessivement incommodant, mais on déconseillera tout de même à Ronaldo de jouer à Double Dragon II la veille d'une finale de coupe du monde.

Si graphiquement, Double Dragon II fait partie de ce qui se fait de mieux sur Famicom, ses musiques, elles, ne se hissent pas au niveau des meilleures bande son sur NES. Certaines bouclent vraiment très vite et se basent sur des mélodies vraiment simplettes ! Globalement de facture convenable, elles se révèlent donc dans l'ensemble assez répétitives, mais ont le mérite de parfaitement accompagner l'action et de donner envie de taper, et c'est bien là l'essentiel, même s'il y a peu de chance que vous vous mettiez à surfer sur le Net ou à "chatter" sur MSN tout en savourant les compositions de Double Dragon II. Quoique, je raffole du thème du quatrième stage, mais dans mon cas, il s'agit sans doute plus de nostalgie que d'autre chose.

Let's go Double Dragons !

Bref, en dépit de ses huit petits bits, c'est sans doute la Famicom qui jouit de la meilleure version de Double Dragon II ! Bien meilleure que les versions arcade, Amiga ou PC Engine (hum...), cette mouture est celle qui offre le plus de variété et de plaisir, avec son gameplay bien huilé et sa difficulté admirablement réglée. Ni trop facile, ni trop ardu (grâce notamment aux "continue" infinis) malgré quelques passages un brin délicat, ce logiciel de jeu offre en mode "difficult" un challenge très intéressant obligeant à jouer de façon efficace. Et pour les girouettes, sachez que vous pouvez changer d'avis, et plus précisément de mode de difficulté lors de chaque Game Over.

Vous l'aurez compris, ce Double Dragon II sur Famicom est un classique du genre méritant parfaitement sa place au sein de votre ludothèque. Tenez là, je suis en train de me faire une petite partie et c'est l'éclate ! Je regrette juste l'absence du fameux "instant photo" à la fin des stages, ce moment où l'écran se fige (et vire au gris) et durant lequel on tente d'effectuer un coup de pied sauté pour la photo. Mais ça n'est pas grave, let's go Double Dragons !


Gustav XIII

Remerciements à Starods, fournisseur officiel de Double Dragon II en parfait état sur Famicom

Graphismes 15/20 Très détaillés que ce soit au niveau des décors ou des adversaires, les graphismes de Double Dragon II tirent parfaitement parti des possibilités de la NES. Revers de la médaille : ça clignote vraiment beaucoup.
Musiques 11/20 De qualité moyenne et dans l'ensemble assez répétitives, les musiques se marient néanmoins assez bien avec les stages auxquelles elles sont associées.
Maniabilité 14/20 Evidemment, devoir appuyer sur A et B simultanément pour sauter se révèle nettement moins pratique que de disposer d'un bouton dédié comme en arcade, mais la jouabilité demeure très bonne.
Durée de vie 10/20 Terminer le jeu en mode normal requiert environ une heure de jeu, mais vous pourrez ensuite vous attaquer au mode "difficult", et il s'agit en outre d'un beat-them-all sur lequel on a envie de revenir.
Innovation, originalité 05/20 Nous avons affaire à un beat-them-all classique avec sa panoplie de coups spéciaux, son cadre new-yorkais et son scénario minimaliste. Difficile de faire moins innovant !
Appréciation globale 14/20

Sans aller jusqu'à parler de chef-d'oeuvre absolu, il faut admettre qu'en dépit du poids des années, cette version NES de Double Dragon II demeure un amour de beat-them-all, bien réalisé et doté d'un brillant level-design lui permettant d'éviter le caractère répétitif dont souffrent beaucoup de softs du genre.


Repères : place dans la série
Sortie japonaise Titre Machine Versions occidentales
1987 Double Dragon Arcade 1987
  Double Dragon Amiga 1988
  Double Dragon Commodore 64 1988
  Double Dragon Amstrad CPC 1988
  Double Dragon Sinclair ZX Spectrum 1988
  Double Dragon PC (DOS) 1988
1988 Double Dragon Mark III 1988 : Master System US
1988 : Master System PAL
8 avril 1988 Double Dragon Famicom Mai~juin 1988 : NES US : Double Dragon
1989~1990 : NES PAL : Double Dragon
  Double Dragon II The Revenge Arcade 1988
  Double Dragon II The Revenge Amiga 1988
  Double Dragon Atari 2600 1989
  Double Dragon Atari 7800 1989
  Double Dragon MSX 1989
  Double Dragon II The Revenge PC (DOS) 1989
  Double Dragon II The Revenge Sinclair ZX Spectrum 1989
  Double Dragon II The Revenge Commodore 64 1989
  Double Dragon II The Revenge Amstrad CPC 1989
22 décembre 1989 Double Dragon II The Revenge Famicom Début 1990 : NES US : Double Dragon II The Revenge
1990 : NES PAL : Double Dragon II The Revenge
20 juillet 1990 Double Dragon Game Boy 1990 : Game Boy US : Double Dragon
1990 : Game Boy FRA : Double Dragon
  Double Dragon 3 The Rosetta Stone Arcade 1990
22 février 1991 Double Dragon III The Rosetta Stone Famicom Début 1991 : NES US : Double Dragon III The Sacred Stones
Printemps 1992 : NES PAL : Double Dragon III The Sacred Stones
  Double Dragon (version refaite) Commodore 64 1991
  Double Dragon II Game Boy 1991
  Double Dragon 3 The Rosetta Stone Commodore 64 1991
  Double Dragon 3 The Rosetta Stone Amstrad CPC 1991
20 décembre 1991 Double Dragon II The Revenge Mega Drive  
  Double Dragon 3 The Rosetta Stone PC (DOS) 1992
  Double Dragon Genesis 1992
  Double Dragon 3 The Arcade Game Game Boy 1992 : Game Boy US : Double Dragon 3 The Arcade Game
1992 : Game Boy FRA : Double Dragon 3 The Arcade Game
16 octobre 1992 Return of Double Dragon - Sleeping Dragon has Awoke Super Famicom 1992 : Super NES US : Super Double Dragon
1993 : Super NES PAL : Super Double Dragon
  Double Dragon 3 The Arcade Game Genesis 1993 : Genesis : Double Dragon 3 The Arcade Game
1993 : Megadrive PAL : Double Dragon 3 The Arcade Game
  Double Dragon Game Gear 1993
  Double Dragon Lynx 1993
12 mars 1993 Double Dragon II The Revenge PC Engine Super CD-Rom²  
  Battletoads Double Dragon The Ultimate Team NES US 1993
  Battletoads Double Dragon The Ultimate Team Game Boy US 1993
  Battletoads Double Dragon The Ultimate Team Genesis 1993
  Battletoads Double Dragon The Ultimate Team Super NES US 1993
  Double Dragon V The Shadow Falls Super NES US 5 août 1994
  Double Dragon V The Shadow Falls Jaguar US 5 août 1994
  Double Dragon V The Shadow Falls Genesis 5 août 1994
31 mars 1995 Double Dragon Neo Geo Cart  
2 juin 1995 Double Dragon Neo Geo CD  
26 avril 1996 Double Dragon Playstation  
26 septembre 2002 Rage Of The Dragon (ne fait pas officiellement partie de la série pour cause d'absence de license, mais reprend les personnages Billy et Jimmy notamment) Neo Geo Cart / MVS  
5 mars 2004 Double Dragon Advance Game Boy Advance 11 novembre 2003 : Game Boy Advance US : Double Dragon Advance
26 novembre 2004 Double Dragon Advance (Best Price) Game Boy Advance  
  Double Dragon EX Téléphone portable 2005


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