Neo Retro Games

DEAD MOON

La fiche :

Hyper Shooting Dead Moon Gessekai No Akumu

Support : PC Engine Hucard
Editeur : T.S.S.
Développeur : T.S.S. Studio Ducks
Genre : Shoot-them-up horizontal
Nombre de joueur(s) : 1
Sauvegarde : Non
Difficulté : Moyenne à tendance facile
Date de sortie Japon : 22 février 1991
Date de sortie USA : 1992
Date de sortie France : importation et distribution de la version japonaise par Sodipeng au printemps 1991

Détail curieux : le nom de l'éditeur ne figure pas sur le recto du manuel. Pas de copyrights, pas de références, pas d'indication de l'année, pas de logo, rien que le strict minimum : le titre, l'artwork et le support. Ah, le minimalisme des années 90 !

Superstar ou shoot de l'ombre ?

Certains vont probablement soutenir que je radote, voire même que je deviens gâteux, mais 1991 fut décidément une magnifique année palindrome. Rien que dans la catégorie shoot-them-up sur Nec, nous avions eu droit cette année-là à des produits extraordinaires tels que Seirei Senshi Spriggan, Magical Chase, Hanatãkadaka!?, Aldynes, Coryoon, ou encore aux adaptations de Gradius et Salamander. Excusez du peu ! De quoi appuyer frénétiquement sur le bouton II de sa manette PC Engine, pour sûr ! Et pour ne rien gâcher, T.S.S., et plus précisémment le Studio Ducks (10 personnes) y est également allé de sa petite contribution en nous concotant ce fameux Dead Moon, un shoot encensé par Player One à l'époque, avec notamment un explosif 94% (une note supérieure à celle obtenue par Super Star Soldier, Aldynes ou Hanatãkadaka!?) ainsi qu'une place dans le top 5 des meilleurs jeux PC Engine à la clef. Curieusement, cette Hucard, qui ne faisait déjà pas forcément l'unanimité à l'époque, ne semble pas bénéficier aujourd'hui de la même côte d'amour auprès des fans. Alors ce Dead Moon, superstar injustement déchue à réhabiliter ou shoot de l'ombre surcôté par nos amis de Player One ? (En particulier par l'ami Iggy, un drôle de lascar entre temps devenu le patron de Neo Publishing, société connue pour avoir été à l'origine de la très moyenne revue de jeux vidéo nommée Gaming - qui n'aura duré que six numéros - , et qui édite désormais des DVD de vieux films d'épouvante ainsi que des fascicules de jeux vidéo pour PC et Playstation. Quelle déchéance !)

Photos chipées sur : http://pcengine.free.fr
Mémorisez bien cette image, cela va vous servir dans votre vie future. Ce n'est pas parce qu'ils mettent des squelettes de dinosaures volants dans leurs jeux que les gens de chez T.S.S. ne sont pas équilibrés et réfléchis.
Le crédo de T.S.S. ? L'imagination et l'originalité au pouvoir ! Cette scène ne vous rappellera en effet que les 1327 shoots précédents que vous avez faits. La redoutable tortue de l'espace (sic).
Si vous avez bien mémorisé la première image, vous pouvez maintenant contempler un exemple de décor bien rentabilisé. Une véritable leçon de la part de T.S.S. ! Rajoutez des barrières au centre du vaisseau ennemi, laissez mijoter cinq minutes, et votre Gradius est prêt à être dégusté.

Quand la comète décroche la lune

L'introduction de Dead Moon se payant le luxe d'être en anglais, les joueurs du mercredi après-midi en culotte courte un minimum doués en langues pouvaient comprendre à peu près l'histoire, qu'il n'eût pas été particulièrement dommage de zapper (sic), mais que NRG va tout de même vous résumer avec professionnalisme (et brio).

200 ans après les débuts de l'exploration de l'espace par l'humanité, une comète fut localisée. Celle-ci n'ayant rien de mieux à faire, elle se déplaçait en direction de la terre, mais d'après les calculs effectués par nos plus brillants scientifiques à lunettes, elle devait passer largement à côté de notre belle planète bleue. Cependant, devenant de plus en plus lumineuse et détruisant les unes après les autres les sondes placées par les humains, elle emprunta tout à coup un chemin menant tout droit vers la terre ! Très fûtés et tenant à la vie, les humains balancèrent des missiles sur la comète afin de la faire dévier de sa trajectoire. Avec succès, puisque celle-ci ne rentra pas en collision avec la terre, mais s'écrasa sur la lune à la place ! Les sondes envoyées sur la lune révélèrent alors la disparition de la comète et la présence d'extraterrestres plutôt agressifs… Et comme tous les joueurs le savent, qui dit aliens dit nécessairement virée en solo à bord de votre vaisseau spatial pour tirer sur tout ce qui bouge !

Le classicisme à son summum

Pour rester dans la simplicité touchante, évoquons maintenant le système d'armement conçu par les développeurs : il s'agit encore une fois de récupérer des capsules de couleur, chaque couleur correspondant à un type de tir. Les pastilles bleues correspondent à un rayon laser, les vertes à de larges rafales, les rouges à de petits cercles particulièrement destructeurs, et les jaunes à un tir standard multidirectionnel. Chaque type de tir monte de niveau (jusqu'au level 4) à chaque capsule recueillie. Vous êtes de plus muni de bombes qu'il vaudra mieux conserver pour le boss. Et comme dans Musha Aleste, la vitesse de votre vaisseau se modifie lorsque vous mettez le jeu sur pause. Du très classique donc, pour ne pas dire du déjà vu mille fois.

Le design des vaisseaux ennemis demeure également très conventionnel, en dehors des boss de fin de niveau, qui eux consistent en des squelettes de dinosaures, ce qui confère à Dead Moon un vague arrière-goût de préhistoire très agréable, tout en restant bien sûr très éloigné du registre des Joe & Mac. Tenez, histoire de respecter le quota de 1% de culture auquel nous tenons tant sur NRG, précisons au passage que c'est un ptérodactyle qui fait office de premier boss.

Ces affrontements vous mettant aux prises avec les dinosaures de fin de niveau constituent d'ailleurs un véritable régal : très mobiles, ces derniers passent souvent derrière vous, occasionnant un revirement automatique de votre vaisseau dans la bonne direction (un 180° pour les pro). Cette idée donne lieu à des duels particulièrement jouissifs. Au moins autant que l'arrêt du médiocre magazine baptisé ridiculement Background ("Réflexion, Analyse, Concept" : on en rigole encore), et ses risibles articles pompeux rédigés dans un style pédant à souhait.

Techniquement au top

Mais ce ne sont évidemment pas ces duels face à des dinosaures qui ont fait la petite renommée de Dead Moon, mais plutôt la qualité de son animation et de son scrolling. Rapide, celui-ci se décline sur un nombre considérable de plans pour le plus grand plaisir de nos mirettes ! Mentionnons aussi le léger scrolling vertical à la R-Type, qui offre une petite sensation de liberté toujours appréciable. A ce scrolling merveilleux vient s'adjoindre une animation irréprochable : ça bouge bien à l'écran, sans ralentissements ou clignotements malgré la multitude d'ennemis et de missiles. Ah ça, ce n'est pas sur la Super Famicom et son processeur de fillette qu'on aurait pu contempler ça !

Quant aux graphismes, ils auraient presque pu permettre à Dead Moon de prétendre au statut de vedette des supermarchés Mammouth. Très propres et assez classieux, ils ne proposent malheureusement pas suffisamment de surprises avec les sempiternels champs de météorites, grottes et autres lacs souterrains. L'ensemble demeure néanmoins admirable.

Côté musiques, le bébé de T.S.S. se montre passable, avec ses thèmes pas franchement magistraux mais convenables. On a déjà entendu pire sur Hucard mais surtout beaucoup mieux également.

L'anonyme sans gloire

Techniquement très bon, Dead Moon se situe cependant légèrement en retrait de la crème de la crème. Pas aussi impressionnant qu'Aldynes (normal me direz-vous puisque ce dernier tourne sur SuperGrafx), qui est d'ailleurs sorti le même jour que lui au Japon, il ne propose pas non plus le côté déjanté d'un Hanatãkadaka!? ou d'un Magical Chase.

De plus, il se révèle un peu trop facile (malgré la présence des boss de moitié de niveau) avec ses continus infinis. Les quatre premiers stages se parcourent sans aucune peine, et sachant que ce shoot ne comporte que six stages, cela nous donne un jeu qui se termine en une heure chrono du premier coup. En outre, peu de motifs incitent à revenir dessus, étant donné qu'aucun mode de difficulté supplémentaire n'est disponible. On mentionnera juste le pourcentage indiquant la proportion d'ennemis flingués qui s'affiche à la fin de chaque stage, plutôt bon esprit. Mais honnêtement seuls les plus acharnés relèveront le challenge du 100% à chaque niveau. A moins de ne posséder que trois jeux PC Engine dans sa ludothèque, on imagine quand même mal le joueur lambda s'y mettre en se prenant de passion pour Dead Moon.

Bref, Dead Moon (qui existe en version US grâce à nos amis de Natsume) proposait au moment de sa sortie un très bon niveau général qui lui permettait de se détacher de la concurrence, celle-ci n'étant pas encore trop rude (quoique, Super Star Soldier ou Aero Blasters étaient déjà disponibles). Mais quelques mois plus tard allaient sortir Magical Chase, Hanatãkadaka!?, ou Senrei Senshi Spriggan. Autant dire que Dead Moon allait un peu faire pâle figure face à ces monstres. Et puis, le même jour, le mythique Aldynes se dévoilait à la face du monde sur SuperGrafx. Certains vont me rétorquer que cela n'est pas comparable, mais Aldynes c'est un peu Dead Moon à la puissance 10, que ce soit au niveau de la technique ou de la difficulté.

Mais ne gâchons pas notre plaisir en faisant la fine bouche, car si Dead Moon se révèle au final assez ordinaire en dépit d'une excellente réalisation technique, il a contribué lui aussi à faire de 1991 une année magique. Allez, rendez-vous à la prochaine année palindrome (en 2112), afin de constater que l'année 1991 n'a toujours pas été détrônée !

Gustav XIII

Graphismes 15/20 Assez remarquable, la qualité graphique de Dead Moon mérite bien quelques louanges, même si l'ensemble reste encore une fois trop ancré dans les lieux communs.
Musiques 11/20 Assez quelconques et certainement un peu trop austères, les musiques de cette Hucard proposent toutefois une qualité d'ensemble très correcte. Elles ne vous laisseront certainement pas des souvenirs impérissables, malgré quelques thèmes sympathiques.
Maniabilité 17/20 Aucun problème, les commandes répondent au doigt et à l'oeil, et le retournement automatique de votre vaisseau face au boss s'avère une très bonne idée.
Durée de vie 07/20 Un peu trop facile, cette Hucard se termine rapidement et ne propose pas de modes de difficulté supplémentaires. Le seul challenge additionnel proposé consiste à atteindre les 100% à chaque niveau.
Innovation, originalité 04/20 Que ce soit au niveau du scénario ou du système d'armement, ce soft respire le déjà vu ! Seul le revirement automatique de votre vaisseau face aux boss constitue un point d'originalité.
Appréciation globale 13/20

Dans son genre (le shoot-them-up horizontal ultra classique), Dead Moon excelle, avec notamment son impeccable réalisation technique. On regrettera qu'il ne soit pas un chouia plus long et difficile. Son austérité exacerbée joue également en sa défaveur. Une très bonne Hucard néanmoins, à recommander aux fans de shoot n'étant pas rebutés par le conformisme absolu.


Repères : place dans la série
Sortie japonaise Titre Machine Versions occidentales
22 février 1991 DEAD MOON PC Engine 1992 : TurboGrafx 16 : Dead Moon


2007 - Neo Retro Games